Je travaille le bois toute la journée, vous vous doutez de ma préférence. Mais le composite a de vrais arguments, et vous mentir ne servirait personne. Voici le comparatif que j'aurais voulu lire à votre place.
Le composite a conquis les jardineries avec une promesse simple : l'aspect du bois sans l'entretien du bois. La promesse est en partie tenue, et c'est pour ça qu'il faut la prendre au sérieux. Mais elle cache aussi trois ou quatre réalités que les vendeurs évoquent rarement : la chaleur sous le pied en plein été, l'écart énorme entre un composite premier prix et un bon composite, et un prix final qui, pour les bons produits, dépasse celui d'une belle terrasse en bois.
| Critère | Bois | Composite |
|---|---|---|
| Entretien | Nettoyage annuel ; saturateur seulement si on veut garder la couleur | Nettoyage simple, ni saturateur ni dégriseur |
| Au soleil | Chauffe modérément, praticable pieds nus | Peut monter à 60-70 °C en teinte foncée |
| Rendu et vieillissement | Matière vivante, grise avec élégance, se répare | Régulier et net ; l'entrée de gamme fait « plastique » et se décolore |
| Écobilan | Très bon avec un bois local peu transformé | 30 à 60 % de plastique ; le recyclé existe mais reste minoritaire |
| Lames seules | 25 - 90 €/m² selon l'essence | 60 - 120 €/m² pour de la qualité |
| Posé, structure comprise | 120 - 250 €/m² | 200 - 270 €/m² |
Soyons honnêtes : sur l'entretien, le composite gagne. Pas de grisaillement à gérer, pas de saturateur, pas d'échardes : pour une location saisonnière, une résidence secondaire qu'on retrouve trois semaines par an, ou tout simplement quelqu'un qui ne veut jamais y penser, c'est un argument massif. Les bons composites actuels, en , ont aussi réglé une bonne partie des défauts de jeunesse du matériau : taches, décoloration rapide, aspect cheap.
Le piège, c'est l'entrée de gamme. Les à 30 ou 40 €/m² sont fragiles aux chocs, sonnent creux sous le pas et vieillissent mal. Si votre budget ne permet que du composite premier prix, un pin classe 4 bien posé sera plus durable et plus beau pour le même argent.
D'abord la chaleur. Le plastique emmagasine les calories : un composite foncé peut atteindre 60 à 70 °C en plein soleil d'été. Pieds nus, c'est non. Sur une terrasse plein sud face aux Pyrénées, comme cette terrasse en bois que j'ai posée en montagne, c'est un critère sérieux : choisissez une teinte claire ou une gamme à pigments réfléchissants si vous partez sur du composite. Ensuite la dilatation : le composite bouge beaucoup avec la température, et une pose qui ne respecte pas les jeux du fabricant se traduit par des lames qui ondulent. Enfin l'écobilan : on compare un bois local peu transformé à un matériau pour moitié plastique, souvent extrudé loin et non réparable. Le composite recyclé progresse, mais le bois garde une longueur d'avance difficile à contester.
Mon avis, sans détour : je préfère le bois, et pas par corporatisme. Une terrasse en bois bien conçue vieillit en beauté, se répare lame par lame, et raconte quelque chose qu'aucun polymère ne raconte. Mais si vous me dites « je ne veux strictement aucun entretien et le gris ne me plaît pas », alors je vous dirai de choisir le composite, à une condition non négociable : du co-extrudé plein, en teinte claire, posé dans les règles. Le composite premier prix, lui, est le pire des deux mondes : le charme en moins et la fragilité en plus.
Co-extrusion, lame creuse, classe d'emploi : ces termes sont expliqués dans mon lexique du bois.
Si vous partez sur le bois, le choix de l'essence pour notre climat est traité dans quel bois pour une terrasse en montagne, et ma façon de construire est détaillée sur la page terrasse en bois.
Sans traitement, oui : ni saturateur, ni dégriseur. Sans entretien, non : il faut la nettoyer comme n'importe quel sol extérieur, et les rainures des lames retiennent la saleté. Les premiers prix peuvent aussi se décolorer et tacher. Disons : beaucoup moins d'entretien, pas zéro.
Oui, et nettement plus que le bois. Un composite foncé peut atteindre 60 à 70 °C en plein été : impossible d'y marcher pieds nus. Les teintes claires et les gammes à pigments réfléchissants limitent le phénomène, sans l'annuler. Plein sud, c'est un vrai critère de choix.
Comptez 15 à 25 ans pour un composite de qualité, souvent garanti 20 ou 25 ans par le fabricant. Les premiers prix à lames creuses vieillissent beaucoup moins bien : décoloration, lames cassantes. Et comme pour le bois, la longévité dépend surtout de la structure porteuse.
Bois ou composite, je vous donne un avis honnête sur votre terrain, votre exposition et votre budget. Devis gratuit.
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